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	<title>le point imaginaire</title>
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	<description>po&#232;mes, bribes de romans, projets d'&#233;criture, citations d'auteurs, photos, art contemporain</description>
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		<title>dans l'atelier d'elstir</title>
		<link>https://www.christinesimon.fr/spip.php?article552</link>
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		<dc:date>2016-01-03T13:36:08Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>christine simon</dc:creator>


		<dc:subject>marcel proust</dc:subject>
		<dc:subject>atelier d'elstir</dc:subject>
		<dc:subject>thomas alexander harrisson</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;de marcel proust&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.christinesimon.fr/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;auteurs &amp; co&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.christinesimon.fr/spip.php?mot357" rel="tag"&gt;atelier d'elstir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.christinesimon.fr/spip.php?mot617" rel="tag"&gt;thomas alexander harrisson&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p style=&#034;text-align:center&#034;&gt;&lt;strong&gt;[&lt;i&gt;&#192; l'ombre des jeunes filles en fleurs&lt;/i&gt;]&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Noms de pays : le pays&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&#192; la recherche du temps perdu&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;de Marcel Proust&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;page 656 &#224; 660&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;p style=&#034;text-align:center&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-weight:700&#034;&gt;dans l'atelier d'Elstir (extrait)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align:justify&#034;&gt;&#171; Au moment o&#249; j'entrai, le cr&#233;ateur &#233;tait en train d'achever, avec le pinceau qu'il tenait dans sa main, la forme du soleil &#224; son coucher.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les stores &#233;taient clos de presque tous les c&#244;t&#233;s, l'atelier &#233;tait assez frais et, sauf &#224; un endroit o&#249; le grand jour apposait au mur sa d&#233;coration &#233;clatante et passag&#232;re, obscur ; seule &#233;tait ouverte une petite fen&#234;tre rectangulaire encadr&#233;e de ch&#232;vrefeuilles qui, apr&#232;s une bande de jardin, donnait sur une avenue ; de sorte que l'atmosph&#232;re de la plus grande partie de l'atelier &#233;tait sombre, transparente et compacte dans sa masse, mais humide et brillante aux cassures o&#249; la sertissait la lumi&#232;re, comme un bloc de cristal de roche dont une face d&#233;j&#224; taill&#233;e et polie, &#231;&#224; et l&#224;, luit comme un miroir et s'irise. Tandis qu'Elstir, sur ma pri&#232;re, continuait &#224; peindre, je circulais dans ce clair-obscur, m'arr&#234;tant devant un tableau puis devant un autre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le plus grand nombre de ceux qui m'entouraient n'&#233;taient pas ce que j'aurais le plus aim&#233; voir de lui, les peintures appartenant &#224; ses premi&#232;re et deuxi&#232;me mani&#232;res, comme disait une revue d'art anglais qui tra&#238;nait sur la table du salon du Grand-H&#244;tel, la mani&#232;re mythologique et celle o&#249; il avait subi l'influence du Japon toutes deux admirablement repr&#233;sent&#233;es, disait-on, dans la collection de Mme de Guermantes. Naturellement, ce qu'il avait dans son atelier, ce n'&#233;tait gu&#232;re que des marines prises ici, &#224; Balbec. Mais j'y pouvais discerner que le charme de chacune consistait en une sorte de m&#233;tamorphose des choses repr&#233;sent&#233;es, analogue &#224; celle qu'en po&#233;sie on nomme m&#233;taphore et que si Dieu le P&#232;re avait cr&#233;&#233; les choses en les nommant, c&#8216;est en leur &#244;tant leur nom, ou en leur en donnant un autre qu'Elstir les recr&#233;ait. Les noms qui d&#233;signent les choses r&#233;pondent toujours &#224; une notion de l'intelligence, &#233;trang&#232;re &#224; nos impressions v&#233;ritables et qui nous force &#224; &#233;liminer d'elles tout ce qui ne se rapporte pas &#224; cette notion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parfois &#224; ma fen&#234;tre, dans l'h&#244;tel de Balbec, le matin quand Fran&#231;oise d&#233;faisait les couvertures qui cachaient la lumi&#232;re, le soir quand j'attendais le moment de partir avec Saint-Loup, il m'&#233;tait arriv&#233; gr&#226;ce &#224; un effet de soleil, de prendre une partie plus sombre de la mer pour une c&#244;te &#233;loign&#233;e, ou de regarder avec joie une zone bleue et fluide sans savoir si elle appartenait &#224; la mer ou au ciel. Bien vite mon intelligence r&#233;tablissait entre les &#233;l&#233;ments la s&#233;paration que mon impression avait abolie. C'est ainsi qu'il m'arrivait &#224; Paris, dans ma chambre, d'entendre une dispute, presqu'une &#233;meute, jusqu'&#224; ce que j'esse rapport&#233; &#224; sa cause, par exemple, une voiture dont le roulement approchait, ce bruit dont j'&#233;liminais alors ces vocif&#233;rations aigu&#235;s et discordantes que mon oreille avait r&#233;ellement entendues, mais que mon intelligence savait que des roses ne produisaient pas. Mais c'&#233;taient de ceux-l&#224; qu'&#233;tait faite l'&#339;uvre d'Elstir. Une de ses m&#233;taphores les plus fr&#233;quences dans les marines qu'il avait pr&#232;s de lui en ce moment &#233;tait d&#233;marcation. C'&#233;tait cette comparaison, tacitement et inlassablement r&#233;p&#233;t&#233;e dans une m&#234;me toile qui y introduisait cette multiforme et puissante unit&#233;, cause, parfois non clairement aper&#231;ue par eux, de l'enthousiasme qu'excitait chez certains amateurs la peinture d'Elstir.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est par exemple &#224; une m&#233;taphore de ce genre &#8211; dans un tableau repr&#233;sentant le porte de Carquethuit, tableau qu'il avait termin&#233; depuis peu de jours et que je regardai longuement &#8211; qu'Elstir avait pr&#233;par&#233; l'esprit du spectateur en n'employant pour la petite ville que des termes marins, et que des termes urbains pour la mer. Soit que les maisons cachassent une partie du port, un bassin de calfatage ou peut-&#234;tre la mer m&#234;me s'en fon&#231;ant en golfe dans les terres ainsi que cela arrivait constamment dans ce pays de Balbec, de l'autre c&#244;t&#233; de la pointe avanc&#233;e o&#249; &#233;tait construire la ville, les toits &#233;taient d&#233;pass&#233;s (comme ils l'eussent &#233;t&#233; par des chemin&#233;es ou par des clochers) par des m&#226;ts, lesquels avaient l'air de faire des vaisseaux auxquels ils appartenaient, quelque chose de citadin, de construit sur terre, impression qu'augmentaient d'autres bateaux, demeur&#233;s le long de la jet&#233;e, mais en rangs si press&#233;s que les hommes y causaient d'un b&#226;timent &#224; l'autre sans qu'on p&#251;t distinguer leur s&#233;paration et l'interstice de l'eau, et ainsi cette flotille de p&#234;che avait moins l'air d'appartenir &#224; la mer que, par exemple, les &#233;glises de Criquebec qui, au lion, entour&#233;es d'eau de tous c&#244;t&#233;s parce qu'on les voyait sans la ville, dans un poudroiement de soleil et de vagues, semblaient sortir des eaux, souffl&#233;es en alb&#226;tre ou en &#233;cume et, enferm&#233;es dans la ceinture d'un arc-en-ciel versicolore, former un tableau irr&#233;el et mystique. Dans le premier plan de plage, le peintre avait su habituer les yeux &#224; ne pas reconna&#238;tre de fronti&#232;re fixe, de d&#233;marcation absolue, entre la terre et l'oc&#233;an. Des hommes qui poussaient des bateaux &#224; la mer couraient aussi bien dans les flots que sur le sable, lequel, mouill&#233;, r&#233;fl&#233;chissait d&#233;j&#224; les coques comme s'il avait &#233;t&#233; de l'eau. La mer elle-m&#234;me ne montait pas r&#233;guli&#232;rement, mais suivait les accidents de la gr&#232;ve, que la perspective d&#233;chiquetait encore davantage, si bien qu'un navire en pleine mer, &#224; demi cach&#233; par les ouvrages avanc&#233;s de l'arsenal, semblait voguer au milieu de la ville ; des femmes qui ramassaient des crevettes dans les rochers, avaient l'air, parce qu'elles &#233;taient entour&#233;es d'eau et &#224; cause de la d&#233;pression qui, apr&#232;s la barri&#232;re circulaire des roches, abaissait la plage (des deux c&#244;t&#233;s les plus rapproch&#233;s des terres) au niveau de la mer, d'&#234;tre dans une grotte marine surplomb&#233;e de barques et de vagues, ouverte et prot&#233;g&#233;e au milieu des flots &#233;cart&#233;s miraculeusement. Si tout le tableau donnait cette impression des ports o&#249; la mer entre dans la terre, o&#249; la terre est d&#233;j&#224; marine et la population amphibie, la force de l'&#233;l&#233;ment marin &#233;clatait partout ; et pr&#232;s des rochers, &#224; l'entr&#233;e de la jet&#233;e, o&#249; la mer &#233;tait agit&#233;e, on sentait, aux efforts des matelots et &#224; l'obliquit&#233; des barques couch&#233;es &#224; angle aigu devant la calme verticalit&#233; de l'entrep&#244;t, de l'&#233;glise, des maisons de la ville, o&#249; les uns rentraient, d'o&#249; les autres partaient pour la p&#234;che, qu'ils trottaient rudement sur l'eau comme sur un animal fougueux et rapide dont les soubresauts, sous leur adresse, les eussent jet&#233;s &#224; terre. Une bande de promeneurs sortait gaiement en une barque secou&#233;e comme un carriole ; un matelot joyeux, mais attentif aussi la gouvernait comme avec des guides, menait la voile fougueuse, chacun se tenait bien &#224; sa place pour ne pas faire trop de poids d'un c&#244;t&#233; et ne pas se verser, et on courait ainsi par les champs ensoleill&#233;s, dans les sites ombreux, d&#233;gringolant les pentes. C'&#233;tait une belle matin&#233;e malgr&#233; l'orage qu'il avait fait. Et m&#234;me on sentait encore les puissantes actions qu'avait &#224; neutraliser le bel &#233;quilibre des barques immobiles, jouissant du soleil et de la fra&#238;cheur, dans les parties o&#249; la mer &#233;tait si calme que les reflets avaient presque plus de solidit&#233; et de r&#233;alit&#233; que les coques vaporis&#233;es par un effet de soleil et que la perspective faisait s'enjamber les unes les autres. Ou plut&#244;t on n'aurait pas dit d'autres parties de la mer. Car entre ces parties, il y avait autant de diff&#233;rence qu'entre l'une d'elles et l'&#233;glise sortant des eaux, et les bateaux derri&#232;re la ville. L'intelligence faisait ensuite un m&#234;me &#233;l&#233;ment de ce qui &#233;tait, ici noir dans un effet d'orage, plus loin tout d'une couleur avec le ciel et aussi verni que lui, et l&#224; si blanc de soleil, de brume et d'&#233;cume, si compact, si terrien, si circonvenu de maisons, qu'on pensait &#224; quelque chauss&#233;e de pierres ou &#224; un champ de neige, sur lequel on &#233;tait effray&#233; de voir un navire s'&#233;lever en pente raide et &#224; sec comme une voiture qui s'&#233;broue en sortant d'un gu&#233;, mais qu'au bout d'un moment, en y voyant sur l'&#233;tendue haute et in&#233;gale du plateau solide des bateaux titubants, on comprenait, identique en tous ces aspects divers, &#234;tre encore la mer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien qu'on dise avec raison qu'il n'y a pas de progr&#232;s, pas de d&#233;couvertes en art, mais seulement dans les sciences, et que chaque artiste recommence pour son compte un effort individuel ne peut y &#234;tre aid&#233; ni entrav&#233; par les efforts de tout autre, il faut pourtant reconna&#238;tre que dans la mesure o&#249; l'art met en lumi&#232;re certaines lois, une fois qu'une industrie les a vulgaris&#233;es, l'art ant&#233;rieur perd r&#233;trospectivement un peu de son originalit&#233;. Depuis les d&#233;buts d'Elstir, nous avons connu ce qu'on appelle &#171; d'admirables &#187; photographies de paysages et de villes. Si on cherche &#224; pr&#233;ciser ce que les amateurs d&#233;signent dans ce cas par cette &#233;pith&#232;te, on verra qu'elle s'applique d'ordinaire &#224; quelque image singuli&#232;re d'une chose connue, image diff&#233;rente de celles que nous avons l'habitude de voir, singuli&#232;re et pourtant vraie et qui &#224; cause de cela est pour nous doublement saisissante parce qu'elle nous &#233;tonne, nous fait sortir de nos habitudes, et tout &#224; la fois, nous fait rentrer en nous-m&#234;me en nous rappelant une impression. Par exemple, telle de ces photographies &#171; magnifiques &#187; illustrera une loi de la perspective, nous montrera telle cath&#233;drale que nous avons l'habitude de voir au milieu de la ville, prise au contraire d'un point choisi d'o&#249; elle aura l'air trente fois plus haute que les maisons et faisant &#233;peron au bord du fleuve d'o&#249; elle est en r&#233;alit&#233; distante. Or, l'effort d'Elstir de ne pas exposer les choses telles qu'il savait qu'elles &#233;taient, mais selon ces illusions optiques dont notre vision premi&#232;re est faite, l'avait pr&#233;cis&#233;ment amen&#233; &#224; mettre en lumi&#232;re certaines de ces lois de perspective, plus frappantes alors, car l'art &#233;tait le premier &#224; les d&#233;voiler. Un fleuve, &#224; cause du tournant de son cours, un golfe &#224; cause du rapprochement apparent des falaises, avaient l'air de creuser au milieu de la plaine ou des montagnes un lac absolument ferm&#233; de toutes parts. Dans un tableau pris de Balbec par une torride journ&#233;e d'&#233;t&#233;, un rentrant de la mer semblait, enferm&#233; dans des murailles de granit rose, n'&#234;tre pas la mer, laquelle commen&#231;ait plus loin. La continuit&#233; de l'oc&#233;an n'&#233;tait sugg&#233;r&#233;e que par ds mouettes qui, tournoyant sur ce qui semblait au spectateur de la pierre, humaient au contraire l'humidit&#233; du flot. D'autres lois se d&#233;gageaient de cette m&#234;me toile comme, au pied des immenses falaises, la gr&#226;ce lilliputienne des voiles blanches sur le miroir bleu o&#249; elles semblaient des papillons endormis, et certains contrastes entre la profondeur des ombres et la p&#226;leur de la lumi&#232;re. Ces jeux des ombres, que la photographie a banalis&#233;s aussi, avaient int&#233;ress&#233; Elstir au point qu'il s'&#233;tait complu autrefois &#224; peindre de v&#233;ritables mirages, o&#249; un ch&#226;teau coiff&#233; d'une tour apparaissait comme un ch&#226;teau compl&#232;tement circulaire prolong&#233; d'une tour &#224; son fa&#238;te, et en bas d'une tour inverse, soit que la puret&#233; extraordinaire d'un beau temps donn&#226;t &#224; l'ombre qui se refl&#233;tait dans l'eau la duret&#233; et l'&#233;clat de la pierre, soit que les brumes du matin rendissent la pierre aussi vaporeuse que l'ombre. De m&#234;me au-del&#224; de la mer, derri&#232;re une rang&#233;e de bois, une autre mer commen&#231;ait, ros&#233;e par le coucher du soleil, et qui &#233;tait le ciel. La lumi&#232;re, inventant comme de nouveaux solides, poussait la coque du bateau qu'elle frappait, en retrait de celle qui &#233;tait dans l'ombre, et disposait comme les degr&#233;s d'un escalier de cristal sur la surface mat&#233;riellement plane, mais bris&#233;e par l'&#233;clairage de la mer au matin. Un fleuve qui passe sous les points d'une ville &#233;tait pris d'un point de vue tel qu'il apparaissait enti&#232;rement disloqu&#233;, &#233;tal&#233; ici en lac, aminci l&#224; en filet, rompu ailleurs par l'interposition d'une colline couronn&#233;e de bois o&#249; le citadin va le soir respirer la fra&#238;cheur du soi ; et le rythme m&#234;me de cette boulevers&#233;e n'&#233;tait assur&#233; que par la verticale inflexible des clochers qui ne montaient pas, mais plut&#244;t, selon le fil &#224; plomb de la pesanteur marquant la cadence comme dans une marche triomphale, semblaient tenir en suspens au-dessous d'eux toute la masse plus confuse des maisons &#233;tag&#233;es dans la brume, le long du fleuve, &#233;cras&#233; et d&#233;cousu. Et (comme les premi&#232;res &#339;uvres d'Elstir dataient de l'&#233;poque o&#249; on agr&#233;mentait les paysages par la pr&#233;sence d'un personnage) sur la falaise ou dans la montagne, le chemin, cette partie &#224; demi-humaine de la nature, subissait, comme le fleuve ou l'oc&#233;an, les &#233;clipses de la perspective. Et soit qu'une ar&#234;te montagneuse, ou la brume d'une cascade, ou la mer emp&#234;ch&#226;t de suivre la continuit&#233; de la route, visible pour le promeneur mais non pour nous, le petit personnage humain en habits d&#233;mod&#233;s perdu dans ces solitudes semblait souvent arr&#234;t&#233; devant un ab&#238;me, dans ces bois de sapins, c'est un &#339;il attendri et d'un c&#339;ur rassur&#233; que nous voyions repara&#238;tre la mince blancheur de son sable hospitalier au pas du voyageur, mais dont le versant de la montagne nous avait d&#233;rob&#233;, contournant la cascade ou le golfe, les lacets interm&#233;diaires. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align:center&#034;&gt;
&lt;span style=&#034;font-weight:700&#034;&gt;fin&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.amazon.fr/A-recherche-du-temps-perdu/dp/2070754928&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#224; la recherche du temps perdu&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
marcel proust&lt;br class='autobr' /&gt;
quarto gallimard&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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