<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.christinesimon.fr/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>le point imaginaire</title>
	<link>https://christinesimon.fr/</link>
	<description>po&#232;mes, bribes de romans, projets d'&#233;criture, citations d'auteurs, photos, art contemporain</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.christinesimon.fr/spip.php?id_mot=19&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>autobiographie des objets</title>
		<link>https://www.christinesimon.fr/spip.php?article7</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.christinesimon.fr/spip.php?article7</guid>
		<dc:date>2014-01-11T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>christine simon</dc:creator>


		<dc:subject>fran&#231;ois bon</dc:subject>
		<dc:subject>ab&#228;ke, ya&#239;r barelli et baba</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;fran&#231;ois bon&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.christinesimon.fr/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;auteurs &amp; co&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.christinesimon.fr/spip.php?mot18" rel="tag"&gt;fran&#231;ois bon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.christinesimon.fr/spip.php?mot19" rel="tag"&gt;ab&#228;ke, ya&#239;r barelli et baba&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_27 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.christinesimon.fr/IMG/jpg/700iknowjl.jpg?1390203153' width='500' height='376' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quelque part dans La recherche du temps perdu de Marcel Proust, dans Du c&#244;t&#233; de chez Swann, peut-&#234;tre dans Combray, j'ai cherch&#233; et n'ai pas retrouv&#233; la r&#233;f&#233;rence (malgr&#233; la version num&#233;rique sur mon appli Kindle dans l'Ipad), en tout cas dans Proust donc, que j'ai lu en continu pendant plusieurs mois, j'ai relev&#233; cette phrase, o&#249; celui-ci &#233;crivait qu'il faudrait faire une autobiographie par les objets qu'on a crois&#233;s ; Fran&#231;ois Bon rel&#232;ve le d&#233;fi, se colle &#224; sa propre m&#233;moire des objets, un exercice de style entre le Mythologies de Barthes et au choix Les Choses ou quelque myst&#233;rieuse liste dont P&#233;rec avait le secret, fa&#231;on Oulipo (Ouvroir de Litt&#233;rature Potentielle), l'objet et son mode d'emploi, son ancrage aussi dans la chronologie d'une vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a commencerait par nylon, la corde &#171; moderne &#187; des ann&#233;es soixante. Ou plus pr&#233;cis&#233;ment par une danse, l'incipit, la danse des objets justement, quelque chose qui parle de nos encombrements contemporains, cette submersion qu'on sait plus ou moins traverser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, ce qui trouble dans la lecture, les objets ne sont pas l&#224; pour eux-m&#234;mes, ni le narrateur plant&#233; dans son &#171; je me souviens &#187; ; les tenseurs du r&#233;cit sont d'abord les impressions, et m&#234;me les sensations, ils sont objets, pour &#231;a justement, pris dans nos pratiques, dans nos souvenirs, dans nos &#171; premi&#232;res fois &#187;, r&#233;f&#233;rence &#224; la technique, ce serait &#231;a un roman de la technique, la vie minuscule d'un esprit affect&#233; &#224; tous les sens du terme par les &#339;uvres d'art du quotidien ou qui les imprime de ses projections. Mais aussi et surtout le r&#233;cit de leur perte, quand on les quitte, qu'on nous les prend, qu'on n'a pas le temps de les saisir, l'objet volatile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se doute que certains germanopratins d&#233;daigneront la chose, ne voyant pas l'auteur dans cette possession, n'entravant que pouic aux objets de l'utilit&#233;, pr&#233;f&#233;rant le design tape-&#224;-l'&#339;il, mais ils devraient y relire &#224; nouveau car &#231;a parle dans le r&#233;cit, les &#171; j'avais os&#233; entrer pour l'acheter &#187;, &#171; mon fr&#232;re et moi avions eu le droit d'une demande &#187;, et c'est dit en toutes lettres &#171; ce ne sont pas que les souvenirs mat&#233;riels qu'on ait &#224; pourchasser &#187;, ce sont ces &#171; implacables mais fragiles figures de l'obscurit&#233; int&#233;rieure &#187;, qui &#171; se tiennent &#224; une vague distance &#187;. &#171; Qu'on tente de s'en saisir, d&#233;j&#224; elles s'&#233;loignent &#187;. Ce sera un roman de la subtilit&#233; et de l'&#233;ph&#233;m&#232;re, paradoxal si on pense &#224; cette sensation de permanence que donne souvent la mati&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est toute une soci&#233;t&#233; au garde-&#224;-vous des Trente Glorieuses qu'on parcourt ainsi, le st&#233;thoscope du m&#233;decin trop press&#233;, et en passant un constat que l'ablation des amygdales n'est plus syst&#233;matique, les monceaux de verre inutile que par superstition on conservait &#224; la cave ou au grenier (j'ai souvenir du d&#233;barassage de la maison de ma grand-m&#232;re o&#249; nous retir&#226;mes des centaines de verrines toutes enterr&#233;es dans le sol, mais qu'est-ce qu'elles faisaient l&#224;), et puis ces ventouses, autres temps, autres m&#339;urs, ou encore ces objets magiques, la petite roue de lumi&#232;re et le kal&#233;idoscope, comme le signe secret pr&#233;figurant une envie de changement, un mai 1968 qui se r&#234;verait d'abord l&#224;, comme dit mon fils, &#171; de ton temps, la vie &#233;tait en noir et blanc &#187;, ne dirait pas &#231;a s'il avait connu ces petites surprises de couleur, qui laissaient esp&#233;rer autre chose. L'objet jamais fix&#233;, point de fuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On fait son march&#233; dans Autobiographie des objets, nos petites madeleines, et pourtant on sent d&#233;j&#224; &#224; travers les choses de l'enfance et de l'adolescence de l'auteur les lignes de force d'une vie : le b&#233;gaiement de la litt&#233;rature, le voyage, Jules Verne, Fournier, Balzac, la lecture d'un Dosto&#239;evski sur le si&#232;ge d'une deux-chevaux, le go&#251;t pour les biblioth&#232;ques, cette &#171; armoire aux vitres &#187; du grand-p&#232;re, le go&#251;t de la technique annon&#231;ant l'art informatique, il en faut pour monter ces milliers de lignes de code.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cet hommage rendu au S&#233;lection du Reader Digest, d&#233;j&#224; fragmentaire, compos&#233; de compositions, le livre d&#233;j&#224; comme &#171; ensemble h&#233;t&#233;rog&#232;ne et complexe &#187; comme pr&#233;curseur des aventures du site de Fran&#231;ois Bon, &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le tiers livre&lt;/a&gt;, -de sa fondation de la maison d'&#233;dition publie.net pour le livre &#233;lectronique-, et plus r&#233;cemment de sa promotion de l'&#233;dition en ligne, avec notamment &lt;a href=&#034;http://nerval.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;nerval.fr&lt;/a&gt;, le magazine fictions &amp; litt&#233;rature en ligne, figurant un livre infini, il fallait l'oser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes favoris, le litre &#224; moules, je n'ai pas connu, mais j'ai associ&#233; &#224; ces bidons de lait de ma grand-m&#232;re devenus tout aussi d&#233;suets, la perte d'une civilisation, l'univers du garage aussi, fabuleux terrain de jeu, je devrais dire deux garages, de Saint-Michel en l'Herm et de Civray si diff&#233;rents. Comptent aussi les machines &#224; &#233;crire -liste qui fait m&#233;taphore de La-, &#231;a m'a rappel&#233; le temps pass&#233; &#224; attendre la mienne, le pied &#224; coulisse (magnifique), la toise, j'ai not&#233; ce passage : &#171; Hier soir, quand le souvenir est revenu des marques bicolores, avec les dates en minuscule, dans le placard de la cuisine, et les onze ans dans cette premi&#232;re maison, c'est ce processus des signes et de l'enfance qui a &#233;merg&#233; brutalement. Non pas l'enfance en elle-m&#234;me, ni le crayon de charpentier qui y &#233;tait obligatoirement associ&#233;, mais dont t&#233;moignait l'ensemble des marques, et leur progression vers le haut &#8211;il y a bien longtemps qu'on a cess&#233; de grandir &#187;. J'ai aim&#233; aussi la lecture de Joseph Kessel, on est tomb&#233; sur le m&#234;me Nuits de princes, lu en cachette pareil, identification ne saurait nuire. Et puis l'a&#233;rogare d'Orly-Sud, les images de La Jet&#233;e de Chris Marker passent dans ma t&#234;te, l'autoroute, la DS 19 &#8211;tiens, clin d'&#339;il &#224; La nouvelle Citro&#235;n de Barthes-.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon int&#233;r&#234;t pour ce qu'il dit des femmes dont la plupart des objets &#233;taient ceux qu'elles confectionnaient pour la communaut&#233;, la confiture de melon d'eau si peu perdurable, d&#233;j&#224; consommable, seules leur restaient les bo&#238;tes, bo&#238;tes &#224; ouvrage, bo&#238;tes &#224; bijoux, ce dont un petit gar&#231;on ignore tout, mur &#233;pais ou trace en devenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'incline, Fran&#231;ois Bon, un peu m&#233;lancolique sans doute, se rem&#233;morer les sensations d'une vie, l'objet support-surface de ses projections, tous ces ready-made qui composent le r&#233;cit, &#231;a fait voir le chemin pass&#233;, &#231;a donne envie d'effacer les photos, photos de classe, qui montrent le vieillissement, pas de nostalgie pourtant ou si peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si dans L'enterrement, il quittait un monde (&#171; &#224; la fin tu es las de ce monde ancien &#187;), dans Autobiographie des objets, l'auteur le dit &#171; le monde des objets s'est clos. Le livre qui va vers eux ne cherche pas &#224; les faire revivre. Il est la marche vers ce qui en leur temps, permettait de les traverser. C'est la question de cette travers&#233;e qui est &#224; nous aujourd'hui pos&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;photo christine simon&lt;br class='autobr' /&gt;
I know john lennon&lt;br class='autobr' /&gt;
ab&#228;ke, ya&#239;r barelli et baba&lt;br class='autobr' /&gt;
courtoisie ferme du buisson, 2011&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;autobiographie des objets&lt;br class='autobr' /&gt;
fran&#231;ois bon&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_28 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.christinesimon.fr/local/cache-vignettes/L160xH160/autobio-04f65.jpg?1777129625' width='160' height='160' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;acheter sur &lt;a href=&#034;http://www.amazon.fr/Fran%C3%A7ois-Bon/e/B001JP05TQ&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;amazon&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
