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Note du 16/12 sur « imprégnée »
Revenir sur cette notion « pure »

Au coeur du tableau, l’imprégnation, comment faire surgir d’autres images derrière les images, le sensuel derrière l’évident, construire ce double niveau, montrer à voir, laisser voir, qu’il y aurait justement possibilité de faire ça honnêtement, en écriture, ce serait sans manipulation, ni tentative d’extorsion, ni approche glauque ou marécageuse, l’imprégné ferait résurgence d’émotions, réactives à des textes infâmes ou bien ouvertes à des textes qui nous touchent, sans le moindre doute sur ce qui prévaut.


L’écriture imprégnée, l’écriture, imprégnée, trouvée en avançant dans ce texte, cette idée tirée de Zao-Wou-Ki ou de Fabienne Verdier, comment ils réussissent à toucher, émouvoir, dans leur abstraction même, l’effet de sidération quand on tombe sur une de leurs toiles, on hésite à éprouver mais ça submerge, et là, oui, j’ai un peu ressenti ça, des couches de couleurs qui recouvrent d’autres couleurs et à travers ces épaisseurs, des sens qui miroitent, chez ces peintres, c’est plutôt dans l’abstraction, me va bien cette notion d’imprégné, écrire, poser les mots de confluences entre soi et soi, en irisation, un texte comme empreint de tous les sens possibles, non pas tous, mais ceux de mes émotions complexes du moment, réaction intérieure à différentes lectures d’auteurs lus sur Twitter et ailleurs, émotions vécues simultanément, élaborant quelque chose comme un sens au carré, des intentions, -un tout d’humain composite, comme tout humain l’est, traversé-, traversées.

Peut-être aussi en souvenir d’une famille complexe, la trace des migrations, de l’apprentissage de la langue du nouveau pays, leur rapport à la culture ambiante par imprégnation plutôt que par inculcation, baigner dans un bain de sens et s’en servir comme on nage, se saisir des tenseurs, les mots, les phrases, qui permettent d’entrer en relation, de poursuivre la ligne, et qu’à travers les générations, ça serait resté comme un bégaiement, qui tout à coup exploserait en liste, liste de listes, voix, cris, sons, sur tous les tons, faisant jaillir la polysémie, dans une incertitude aussi, si sidérée devant les outrances de certaines, cherchant le moyen de faire rendre gorge, la colère qui monterait, souvenir de ma grand-mère qui hésitait avec les mots, mais se lançait quand-même et que ça sortait comme ça pouvait, que ça tremblerait et dans le tremblement même, ça dirait.


rythmes et pensées (détail)
de (vertu d’humanité)
fabienne verdier
centre georges pompidou
crédit photo christine simon
voir aussi archive anthropia # blog

photo d’une peinture de Zao Wou Ki

écrit ou proposé par Christine Simon
BY-NC-SA (site sous licence Creative Commons BY-NC-SA)
première mise en ligne le 18 décembre 2025 et dernière modification le jeudi 18 décembre 2025
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