le point imaginaire

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moins quarante

il plonge, dans un lac de carrière il s’essaie au moins quarante mètres, on ne trouve pas toujours de tels bas-fonds dans ces plans d’eau, ce lac est connu pour sa fosse étroite, on saute dans l’eau, on a pied, puis on sent le sol se dérober, c’est là une sorte de boyau qui s’enfonce dans la roche on se sent capté presque avalé, il n’y va pas seul, il plonge dans le cadre d’une formation, il passe son niveau 4, il veut devenir Open Water Scuba Instructeur, OWSI, mais depuis une ou deux fois il expérimente un phénomène plus oppressant que tout ce qu’il a vécu jusqu’à aujourd’hui, une narcose, il sait que c’est un effet de l’azote sur la myéline des cellules nerveuses lié à la descente trop rapide, j’entre dans cet état gazeux, je reconnais l’effet narcotique quand je me dis, qu’est-ce-que je fais là ?, pourquoi je plonge à - 40, ici c’est noir, il n’y a rien à voir, les grandes profondeurs atteintes sans bien respecter les paliers de décompression lui font toucher ce sentiment de lui-même qu’il ne connaît pas au jour, une forme de mélancolie qui dans ces conditions de plongée profonde peut l’amener à ne pas prendre de décision, à se laisser envahir, et dans ses yeux bleus, un gris aqueux, une sorte de surface floue gagne, qu’il cachait jusqu’à présent et qu’il vous confie sur le pas de la porte juste avant de vous embrasser

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