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Sons en place, sur le bord du canal, un tzigane crie à la nuit, la musique patiente, son compte de fièvre en notes, et le pied piaffe la mesure, la clef sur la portée, c’est do et c’est majeur, quand la poursuite s’allume, le clair-obscur sur la ville rend magique le lieu, le violoniste s’affaire à ses pizzicatos, il pince et pince les cordes, alors elle démarre, la mélodie, l’archet bondissant la regarde s’envoler, les visages s’éclairent, tu le sais, toi, que la vitesse enflamme, ça vibre à l’intérieur, ça dit merci, ça libère, et quand on rentre, on a en soi la phrase mélodieuse.


De dessous, le ballast ne rend pas ce claquement en écho façon bois qu’on entend à ma baie. On est à cœur dans la matière du bruit, des entretoises soyeuses supportent le platelage, une table que martèle le train, la glissant comme le bras d’un pick-up son microsillon, l’entraînant 33t ou 45t, et dans l’abri sous le pont, des ombres étirées dansent sur le plan taggé, ici, pas de porte, on y descend à même la sente étroite, à l’invite qui la creuse, et très vite on est dans le tunnel, la tête de pile jette sa forme géométrique en solo sur la bande obscure, un univers composite, comme un coin de canal qu’on enfonce.

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