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Viens de lire cette monographie privée d’un haut gradé français, qui, sur la période « 39-45 » où il est jeune militaire, m’apparaît comme un type qui voyage sans cesse, rejoint son père sur ses « villégiatures », militaires elles-aussi, un peu comme dans un camp de vacances passe beaucoup de temps à nager, pêcher, skier ou grimper, fait des « escapades en sampan dans la baie d’Along », est accueilli souvent dans les maisons des familles de Français nantis habitant sur place, il critique le Front populaire, se moque de ses idéaux, il voit les FFI comme des sauvages tondant les femmes et agressant les pro-Pétain, condamne De Gaulle comme traître sur la question de l’Algérie, bref le type dans ses certitudes depuis toujours. Il parle d’Indochine, « il s’agissait de libérer l’Indochine de l’emprise marxiste et totalitaire mise en place depuis 1945 par le Viêt-minh avec la complicité du Japon ». Il raconte le voyage, un mois en mer, Méditerranée, Mer Rouge, Océan Indien, Mer de Chine. Et cette phrase sur la pacification : « Je rejoins Hanoi, seul en jeep... Je traverse ainsi tout le sud du Delta pacifié, là où 18 mois auparavant, nous ne nous engagions qu’en Groupement constitué. La frontière de la Chine, en revanche, est maintenant tenue tout au long par l’armée de Mao Tse Tung.... » L’impression que pour lui la guerre n’est qu’un état transitoire, où il n’investit pas plus d’affects que ça, il compte les points, il cherche dans la technique les solutions aux "problèmes", à savoir des hommes à éliminer.

Quand il manque de grenades offensives, il fait confectionner par son escadron des grenades « maisons » avec des boîtes de sardines bourrées de plastique.

« Nous sommes entourés d’une foule d’embarcations, sampans, barcasses, jonques à voiles brunes et étayées d’armatures de bambous, barques à rames maniées de l’épaule ou du pied par des hommes ou des enfants. »

« Un monde nouveau : odeur du nuoc-mâm et de l’encens, foule annamite et chinoise se pressant dans les larges avenues bordées de flamboyants, pousses et cyclo-pousses, notables à turban noir, jeunes filles élégantes dans leur tunique fendue sur le pantalon noir (kekouan). »

Le moment mémorable du récit et ce, parce que sa famille est à différents postes de commandement dans l’armée, c’est la rencontre de son frère aîné, qui commande un régiment, à un carrefour urbain proche de Colmar, pas une rencontre anodine, deux régiments qui se croisent, eh, salut frangin, on se fait la bise et on repart, comme si la guerre était aussi une affaire de famille.

Mots-clés

armée , colmar , indochine

écrit ou proposé par Christine Simon
BY-NC-SA (site sous licence Creative Commons BY-NC-SA)
première mise en ligne le 20 mai 2019 et dernière modification le samedi 25 mai 2019
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